Humour et stand-down : le cas Stéphane Bak*

Voici un peu plus d’1 an, j’ai découvert par hasard un nouvel humoriste : Stéphane Bak. Âgé de 13/14 ans, il se présentait comme le plus jeune humoriste de France et avait pour spécialité le standing. Ses interventions tournaient autour de son âge, de ses origines et surtout des clichés qui y sont associés. Utiliser ces clichés pour faire rire pourquoi pas mais là j’étais septique…

Les réseaux sociaux servant à ça, j’ai commencé à le suivre pour en savoir plus sur ce qu’il propose et sur comment il allait évoluer. J’étais assez dubitative car, surement un conflit de génération, je suis peu sensible à l’humour des djeuns (Kev Adams, Cyprien et cie)**.

Au bout de quelques mois de suivi de son compte Twitter, je n’ai pas été convaincue et en suis restée là. J’ai cependant vu passer ses apparitions aux Y’a Bon Awards, dans l’un des clips de Hugo tout seul et plus récemment dans cette parodie de Bref.

Depuis Stéphane Bak a fait son petit bonhomme de chemin et le producteur de la série Bref l’a pris sous son aile.

L’un des auteurs du même programme écrit les textes du jeune humoriste. La série Bref est un immense succès mais je n’y ai jamais accroché. J’ai dû voir 2 ou 3 épisodes qui m’ont à peine fait sourire. Il y en a juste un que j’ai trouvé touchant et mignon (l’histoire d’une vieille dame seule).

Cela a permis à Stéphane Bak de faire une entrée tonitruante sur le plateau du Grand Journal (Canal +) et d’y tenir une chronique quotidienne depuis l’ouverture du Festival de Cannes. C’est un format court (un peu plus d’1 mn) qui vise donc à balancer des vannes percutantes.

Et c’est là que se situe le malaise… ce n’est ni drôle ni percutant. La chronique tombe comme un cheveu sur la soupe au beau milieu de l’émission et les vannes concoctées sont nulles.

La sauce ne prend pas : il n’en fallait pas plus pour voir un déferlement de commentaires négatifs sur les réseaux sociaux, Twitter en tête.

@BowTie_TilliDie Franchement mais Pendez Stéphane Bak !

Ça vire même à l’aspect communautaire.

@CassandreCome Canal + continue d’afficher les reunois avec ce Stephane Bak…

Au milieu de ce flot de messages simplement consternés voire carrément méchants et agressifs, quelques rares messages de soutien.

@ChickenDoudou Laissez Stéphane Bak.Des gens pas droles y’en a bcp et vs les laissez en fermant vos gueules. Si t’m pas renoi tu zappes et puis c’est tout.

Auto-critique et remise en question de l’auteur des sketches ?

@navavo Chaque soir, je vis la même remise en question : je lui écris vraiment de la merde à Stéphane Bak ?:/

####

Non seulement je n’aime pas les sketches mais je trouve en plus un peu dangereux certains d’entre eux. Faire dire à un gosse Noir de 15 ans (et donc à son public mais est-il devant le Grand Journal ?) que 18% des français ont donné leur vote à des animaux c’est… insensé.

Tout comme le fait que ce même gosse vienne à citer le nom de son ex-CPE en méprisant le métier qu’elle fait (à partir de 16’40 »). J’ose espérer qu’il s’agit d’un faux nom ou que la personne en question était au courant et d’accord pour cet aparté devant des millions de téléspectateurs. Ceci dit la vanne sur le dictateur est bien la seule à m’avoir fait sourire.

Et puis ça c’est vraiment à chier…

Je pense que Stéphane Bak fait le job tel qu’il lui est confié et que le problème vient surtout des textes et du fait qu’il soit sur-vendu. Il a surement son public (des ados qui ne doivent pas spécialement regarder le Grand Journal) mais je ne suis pas certaine que les auteurs soient les bons pour cette cible. Ou alors s’il s’agit vraiment de vouloir faire rire un public d’adultes il va falloir revoir le positionnement.

En tout cas chapeau Stéphane Bak, il y va franchement. D’autres de son âge ou du mien, se seraient littéralement chiés dessus face aux caméras et à des stars telles que Chris Rock, Eva Longoria, Sacha Baron Cohen etc. Même si la forme est perfectible, ce qui est assez normal quand on débute, je trouve qu’il ne s’en sort pas trop mal.

stéphane bak et eva longoria

Stéphane Bak et Eva Longoria

photo issue de sa page Facebook officielle

Non le vrai souci ce n’est pas lui mais ses textes. Peut être devrait il changer d’équipe et faire attention au rôle du gosse Noir de service qui fait rire à bon compte sur le dos de sa communauté ou à ne pas se laisser enfermer dans des sketches tournant autour de clichés. Mais il faut persévérer, il a un véritable capital sympathie à exploiter. Allez si j’étais prof je lui mettrais des encouragements avec la mention « peut mieux faire ».

* J’allais titrer « Everybody hates Stéphane Bak » (Chris Rock est son idole) mais c’était trop hard.

** Pour moi coté humour on a rien fait de mieux que les Inconnus, Desproges ou Elie Kakou

>> Pour suivre l’actualité de Stéphane Bak ça se passe sur sa Page fan et son Compte Twitter

5 réflexions sur “Humour et stand-down : le cas Stéphane Bak*

  1. Je suis un peu du même avis que toi, sa première chronique dans le Grand Journal, tout d’abord j’ai cru que c’étais une simple intrusion de sa part tant son arrivée était mal annoncée, puis ses blagues n’étaient pas drôles du tout. J’avais plus pitié pour lui enfait et je me sentais mal à l’aise à sa place.
    Je souhaite quand même qu’il réussisse malgré son évident jeune âge et j’espère également qu’il ne sera enfermé, comme tu le dis justement, dans le « rôle du gosse Noir de service qui fait rire à bon compte sur le dos de sa communauté » car sa carrière pourrait être de courte durée s’il ne peut pas se renouveler.

  2. Mademoiselle aux cheveux qui font onduler mon esprit, je ne puis surfer sur cet masse cotonneuse qui encadre ce visage gracieux aloooooooooooooooors, je c/c ici un texte vraiment trop marrant en tout cas pour moi en cette période où les footeux s’entrechoquent et se déboîtent, couillons qu’ils sont ces moignons de la cervelle.

     » A mort le foot
    16 juin 1986

    Voici bientôt quatre longues semaines que les gens normaux, j’entends les gens issus de la norme, avec deux bras et deux jambes pour signifier qu’ils existent, subissent à longueur d’antenne les dégradantes contorsions manchotes des hordes encaleçonnées sudoripares qui se disputent sur gazon l’honneur minuscule d’être champions de la balle au pied.

    Voilà bien la différence entre le singe et le footballeur. Le premier a trop de mains ou pas assez de pieds pour s’abaisser à jouer au football.

    Le football. Quel sport est plus laid, plus balourd et moins gracieux que le football? Quelle harmonie, quelle élégance l’esthète de base pourrait-il bien découvrir dans les trottinements patauds de 22 handicapés velus qui pousse des balles comme on pousse un étron, en ahanant des râles vulgaires de bœufs éteints.

    Quel bâtard en rut de quel corniaud branlé oserait manifester publiquement sa libido en s’enlaçant frénétiquement comme ils le font par paquets de 8, à grands coups de pattes grasses et mouillées, en ululant des gutturalités simiesques à choquer un rocker d’usine? Quelle brute glacée, quel monstre décérébré de quel ordre noir oserait rire sur des cadavres comme nous le vîmes en vérité, certain soir du Heysel où vos idoles, calamiteux goalistes extatiques, ont exulté de joie folle au milieu de 40 morts piétinés, tout ça parce que la baballe était dans les bois?

    Je vous hais, footballeurs. Vous ne m’avez fait vibrer qu’une fois; le jour où j’ai appris que vous aviez attrapé la chiasse mexicaine en suçant des frites aztèques. J’eusse aimé que les amibes vous coupassent les pattes jusqu’à la fin du tournoi. Mais Dieu n’a pas voulu. Ça ne m’a pas surpris de sa part. Il est des vôtres. Il est comme vous. Il est partout, tout le temps, quoi qu’on fasse et où qu’on se planque, on ne peut y échapper.

    Quand j’étais petit garçon, je me suis cru longtemps anormal parce que je vous repoussais déjà. Je refusais systématiquement de jouer au foot, à l’école ou dans la rue. On me disait: «Ah, la fille!» ou bien: «Tiens, il est malade», tellement l’anormalité est solidement solidaire de la non-footballité.

    Je vous emmerde. Je n’ai jamais été malade. Quant à la féminité que vous subodoriez, elle est toujours en moi. Et me pousse aux temps chauds à rechercher la compagnie des femmes. Y compris celles des vôtres que je ne rechigne pas à culbuter quand vous vibrez au stade.
    Pouf, pouf.  »

    Pierre Desproges.

Et toi t'en penses quoi ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s