« Le pire cauchemar d’une femme noire : avoir son tissage coincé et ne pas bouger de peur que tout s’enlève ! »

Les réseaux sociaux sont le théâtre de partages d’informations, de commentaires divers et variés sur des sujets tout aussi divers et variés.

Il arrive de devoir relire certains commentaires à plusieurs reprises pour être sur-e de bien les avoir compris. Soit parce qu’il sont particulièrement ignobles, soit parce qu’ils sont d’une stupidité confondante.

Lors de son concert à Montréal, alors qu’elle interprétait Halo, Beyoncé a été victime du pire cauchemar d’une femme noire : avoir son tissage coincé et ne pas bouger de peur que tout s’enlève. page Facebook Colored Woman

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Je vous confirme avoir du relire à plusieurs reprise pour m’assurer d’avoir bien compris… le pire cauchemar d’une femme noire serait sa coiffure ?

J’ai immédiatement repensé à ces dizaines, que dis-je ces centaines d’articles-de publications Facebook-de tweets que j’ai eu l’occasion de voir circuler au cours de ces derniers mois.

Des échanges condamnant la situation des femmes noires tout autour du monde.

Accès à l’éducation

Les enfants sont particulièrement déscolarisés en Afrique Subsaharienne (donc noire), ils représentent 47% des enfants privés d’école dans le monde. Parmi ces enfants noirs africains déscolarisés, 54% sont des filles. Plus ces enfants grandissent, plus les filles sont absentes du système éducatif. Et quand sont scolarisées, elles sont essentiellement dans les secteurs des sciences humaines ou sociales et ce au détriment des matières scientifiques ou technologies. source Fawe

Prévention médicale et accès aux soins

Les filles noires sont les principales victimes des grossesses précoces et ce aussi bien en Afrique Noire (où la fécondité précoce est la plus élevée), que dans les pays occidentaux. Les exemples des Etats Unis ou de l’Outre-Mer français (taux de conception à 14 ans est jusque 6 fois plus élevé dans les DOM qu’en métropole) sont particulièrement révélateurs.

Quelque soit l’âge, le moment de la grossesse rend les femmes noires encore plus vulnérables. Sur le millier de femmes qui sont encore quotidiennement victimes de mortalité maternelle, plus de la moitié vit en Afrique Sub-saharienne. Lorsque la femme choisit d’interrompre sa grossesse, les conditions de l’IVG jouent grandement sur la santé des femmes. Dans les pays en voie de développement, 68 000 femmes meurent chaque année des suites d’un avortement non médicalisé. A cela viennent s’ajouter de nombreuses complications gravissimes. Je vous épargne la carte mondiale des pays en voie de développement, vous savez déjà que l’Afrique Noire s’y situe en bonne place. Tout comme l’arc Caraïbe, l’Asie du Sud et du Sud Est.

Toujours dans le domaine de la santé, les femmes noires payent un tribu conséquent à des maladies telles que le HIV, le fibrome utérin, hypertension, maladies cardiaques… Sans compter la drépanocytose, maladie de noirs qui touche aussi bien les hommes que les femmes mais qui peut être sources de complications en cas de grossesse.

Si les femmes noires souffrent de problèmes de santé, elles n’ont pas pour autant accès aux soins nécessaires. Et ce dans les pays occidentaux comme dans les pays d’Afrique Noire même si elles sont majoritaires parmi les personnes séropositives bénéficiant de soins adéquats.

Violences

Toutes les femmes sont victimes de la barbarie des hommes mais les femmes noires vivent ces violences à des niveaux particulièrement élevés.

Les petites filles africaines sont encore trop nombreuses à subir l’excision (ablation du clitoris) ou l’infibulation (suture des lèvres de la vulve). Comme le résume très bien Le Parisien : « Plus de 130 millions de filles et de femmes dans le monde sont excisées et 30 millions de fillettes pourraient connaître le même sort dans les dix prochaines années ».

Filles ou femmes, le viol des noires atteint des sommets. Utilisées sexuellement comme exutoires ou comme arme de guerre, le corps des femmes noires est abusé des Etats-Unis et autres pays Occidentaux à l’Afrique du Sud en passant par la République Démocratique du Congo. Les lesbiennes sud africaines ont la particularité d’être violées à titre correctif. Les femmes indiennes (d’Amérique ou d’Inde) subissent également des viols que je définis comme structurels.

La liste des sévices est trop longue

Je pourrais encore parler des violences domestiques, de la polygamie, de la condition des veuves, du mariage précoce (le Nigéria vient de supprimer l’âge minimum), de la prostitution, de la pédophilie, du tourisme sexuel etc.

Toutes les femmes subissent le poids de la domination masculine. Les femmes noires quant à elles, en Afrique ou ailleurs, subissent des niveaux de violences particulièrement élevés. Violence perpétrées par les hommes noirs comme par les hommes blancs.

Alors la pire chose qui puisse arriver aux femmes noires n’est pas la bonne tenue de sa coiffure. C’est l’accumulation d’injustices et de violences subies par elles.

Ou alors c’est peut-être, comme dans le commentaire à l’origine de cet article, la minimisation des souffrances vécues par les femmes noires. Au nom d’un pseudo second degré qui confère au crétinisme.

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2 réflexions sur “« Le pire cauchemar d’une femme noire : avoir son tissage coincé et ne pas bouger de peur que tout s’enlève ! »

  1. Olala ton article est déprimant mais tellement vrai ! On a tendance à fortement l’oublier !
    Tellement de violences, d’injustices et de sévices faites au femme, qu’elles soient noires ou pas d’ailleurs.

    Comme quoi le féminisme a encore un long combat à faire avant que la femme ne soit réellement l’égale de l’homme. Mais nous sommes des warriors, des gladiateurs… Battons nous pour nous mêmes !

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