J’ai 10 ans – j’ai 36 ans, harcèlement chronique

10 ans, Cergy – sur le chemin de la boulangerie : un homme m’interpelle « tu veux des bonbons ? viens les chercher ».

12 ans, Le Vauclin – en balade : « c’est ta fille ? » (en parlant d’une enfant de 2 ans qui m’accompagne).

17 ans, Cergy – sur le chemin du lycée : coups de klaxon, je me retourne « salut, je t’ai vue à la sortie du lycée et j’ai remarqué que tu m’avais regardé. tu étais avec une amie, j’ai attendu que tu sois seule ». suivi de plusieurs semaines de harcèlement, sur le chemin du lycée, devant chez moi, au téléphone, à la sortie de mes entraînements.

17 ans, vers Conflans-Ste-Honorine – dans le RER : un homme face à moi fait de drôles de mouvements contre son pantalon. non je ne rêve pas. je le gifle. il me traite de folle (comme une bonne partie des voyageurs présents). un autre homme s’interpose : « laisser cette jeune femme tranquille, je vois votre manège depuis tout à l’heure ». moi : « et vous laissez faire sans intervenir ??? ». l’agresseur devra expliquer à sa femme pourquoi la marque d’une main s’est imprimée sur son visage (marque qui a du rester quelques jours – volleyeuse oblige).

18 ans, Paris – dans un magasin, arrivée aux caisses avec mes emplettes : « si tu veux je t’achète tout », sourire carnassier.

22 ans, Paris – dans le métro : discussion entre 2 bonshommes « j’étais avec une nana hier, une martiniquaise. trop chaude ! » – « je trouve que les plus chaudes ce sont les guadeloupéennes. » – « ah ouais ? j’ai jamais testé. » / ils remarquent ma présence « vous êtes de quelle origine ? » – « Guadeloupe et Martinique », l’air haineux – « ah ouais c’est intéressant ça », sourires de connivence goguenards.

29 ans, Paris – en rentrant de l’Elysée Montmartre : « moi aussi j’ai un gros nœud rose » (faisant référence au nœud géant qui ornait le haut de ma robe).

31 ans, Paris – en mangeant une banane : « oh toi je suis sure que tu es une bonne salope de suceuse ».

33 ans, Marseille – allant assister aux Etats Généraux de la Femme : je sens comme un regard dans mon dos. je me retourne, un homme m’observe. il fait mine de venir vers moi et je pars dans le sens opposé. je pensais m’en être débarrassée mais une fois arrivée à destination, je me suis aperçue qu’il m’avait suivie. j’entre dans la salle de conférence en me disant que cela m’en débarrassera. la conférence dure près de 3 h. qui je trouve en sortant ? je décide de rejoindre le cocktail, y passe environ 1 h. il est toujours là dehors, il s’approche : « bonjour, pouvons nous faire connaissance ? » – « euh… NON » – « soyez sympa je vous ai attendue toute l’après-midi » – suivi de quelques phrases d’insultes de ma part. ce qui ne l’a jamais empêché de me suivre régulièrement dans les rues de Marseille.

34 ans, Marseille – rentrant de boite : « salut c’est combien ? ».

34 ans, Marseille – attendant un ami : « salut c’est combien ? ».

35 ans, Cergy – en rentrant du boulot : « bonjour on peut faire connaissance ? » – « non merci » – « ça fait un moment que je vous ai repérée, vous habitez juste là mais on ne peut jamais vous parler à cause de votre gros casque jaune » – « bonne journée », regard noir – « c’est dommage en tout cas vous avez de jolies formes », regard détaillant mon anatomie.

36 ans, Paris – attendant des amis : « bonsoir, je suis pressé mais on peut faire connaissance ? » – « non merci », remettant mon fameux-casque-jaune – « j’ai vraiment envie que l’on fasse connaissance » – « non merci mais bonne soirée ». suivi d’une tirade du harceleur sur les femmes qui sont méchantes blablabla, je retire de nouveau mon casque « écoutez je n’ai pas envie d’entendre ce que vous avez à dire, passez une bonne soirée ». conséquence : crachat en plein visage. pas fou il a couru quelques mètres avant de fanfaronner au loin en faisait mine de me montrer son paquet de pseudo-couilles. un homme observait la scène à 2 mètres de moi, « vous voyez une agression et vous ne réagissez pas ??? », haussement d’épaules. il s’en va.

Ce ne sont que des exemples de ce qui me revient à l’esprit. Au sexisme se mêle parfois le racisme. Je vous épargne de nombreuses remarques racistes ou grossophobes. Et c’est également sans compter sur les mains aux fesse, regards vicieux, gestes sexuels mimés etc.

L’espace public est masculin. Les femmes n’ont pas à s’y trouver seules (encore moins la nuit) sinon elles deviennent la proie des séducteurs chasseurs.

Nous n’avons pas le droit de dire non. A minima ce sont des hommes qui insistent (toujours lourdement, insister est lourd en soi).

Au pire ce sont des insultes (« salope » / « de toute façon tu es moches et grosse » / « sale négresse ») voire des agressions sexuelles (même si je considère déjà cette pseudo drague comme du harcèlement sexuel), des coups ou un bon crachat en pleine face.

Quant nous avons le malheur de raconter la mésaventure, les réactions sont souvent ahurissantes : « tu lui as dit quoi pour qu’il réagisse comme ça ? / pourquoi tu n’avais pas attendu à l’intérieur ? ».

On le voit également dans les affaires d’agressions sexuelles ou de viol : « vous étiez habillée comment ? » et autres enquêtes de moralité sur la victime dont la responsabilité est toujours évoquée.

J’en vois déjà venir certain-e-s. Ce n’est pas une question de race ou de classe. Noirs, blancs, jaunes / aisés, pauvres ou modestes / jeunes, adultes, personnes âgées : tout le monde est bien représenté.

On va nous dire : « mais ce sont juste des gros cons qui salissent l’image des hommes, nous ne sommes pas tous comme ça ».

Mouais. Il va falloir vous mettre dans le crâne que non les femmes ne sont pas des petites amies/maîtresses potentielles et que le seul fait d’être présente dans l’espace public ne signifie pas que l’on a envie ou que l’on accepte d’être abordée.

Et puis merde quoi quand en plus on vous dit « je ne suis pas intéressée », dites juste « ok bonne soirée ».

Et ces hommes ne sont pas des « gros cons » (insulte sexiste), ce sont des hommes qui ont intégré l’idée que les femmes sont à leur disposition. Comme beaucoup d’autres.

Quant aux pédophiles qui essayent d’attirer des gamines avec des bonbons ou les interrogent indirectement sur leur « sexualité »… allez vous pendre.

59 réflexions sur “J’ai 10 ans – j’ai 36 ans, harcèlement chronique

  1. Ton article me fait penser à une aventure que j’ai vécue il y a un peu plus de 15 ans.

    J’étais avec ma soeur, un dimanche, on rentrait de la Halle au Chaussures (seul magasin ouvert un dimanche à Rueil Malmaison à l’époque).
    On rentrait à pied, ça monte énormément car cette ville est sur un plateau.
    On avait beaucoup parlé, et ri (et dieu sait qu’elle et moi quand on se marre, on est pas discrètes) mais là on était silencieuses, chacune dans nos pensées.
    Quand soudain, j’ai senti comme une morsure au niveau du mollet gauche. J’ai hurlé : c’était deux mecs ( deux juifs, désolée de préciser mais ils portaient tous les 2 les chapeaux et tresses des juifs orthodoxes ). Un des deux m’avait pincé l’intérieur du genou car il les trouvaient beaux. J’avais à peine 15 ans, ma soeur 22.
    Après nous avoir suivies et insisté, on a réussi à s’en débarrasser, mais non sans mal.
    Heureusement une amie de ma mère est passée en voiture à ce moment là, et nous a prises pour nous ramener à la maison
    Mais quand j’en reparle avec ma soeur, on est mal alaise. On était seules un dimanche après midi dans une « grande » ville. C’était une agression physique.
    Ca aurait pu mal se terminer.

    J’ai plein d’anecdotes comme ça.

    L’année dernière, je me suis faite agressée par un mec dans la rue parce qu’énervée pour autre chose, il m’a barré la rue avec sa voiture, commencé à me dire que j’étais belle et me décrire tout ce que qu’il allait me faire. Je lui ait fait un doigt d’honneur et traité de con. Il est descendu de sa voiture et a voulu me frapper. On était devant un bar, des mecs en terrasse sont intervenus. Moi j’ai appliqué le sacro saint conseil maternel :  » Vise les couilles !!! ». J’ai enlevé mes talons et suis partie en courant.
    Je n’ai jamais revu se mec mais dès que je croise un espace ancien modèle je flippe.

    J’en ai assez de devoir me justifier. Je penses à toutes ces femmes qui se font agressées.
    Non une femme qui fait du jogging n’est pas une victime potentielle. S’est juste une femme qui court. Et une fille de 15 ans en jupe courte n’a pas à se faire pincer les genoux par deux malades en pleine rue

    • ce que tu racontes est à la fois fou mais en même temps pas tellement surprenant quand on se penche sur toutes ces histoires de harcèlement, d’agressions vécues par les femmes.

      et tu as raison : nous ne sommes pas des victimes potentielles. quoi que l’on fasse.

  2. quand je lis ça ça me rend tellement folle ! oui tu as totalement raison , la rue appartient aux hommes et ils s’imaginent pouvoir y faire ce qu’ils veulent , nous les filles on doit faire attention à notre façon de nous habiller , de nous maquiller , à ne pas rentrer trop tard , surtout pas seule … ça me révolte ! et quand par malheur on ose repousser les avances … gare à nous .
    Si seulement les choses pouvaient changer , si seulement on éduquait les hommes autrement ;… tout est à refaire et cela commence dès l’avance avec les idées qu’on leur met dans la tête .

      • Je me permets de répondre à Maryline et Chacha.
        Ca fait partie d’une des raisons pour laquelle je ne veux pas d’enfant. Trop peur surtout si s’est une fille qu’elle se fasse violer ou agresser.
        Souffrir, que ça la marque à vie. Qu’elle ne puisse pas vivre sans y penser tous les matins.
        Ce n’est pas forcément sûr que ça lui arrive ( et que j’ai une fille) mais quand on sait que sur 100 femmes, 10 ont été agressées sexuellement, il est bien possible que oui.

        Ce monde est fou et dangereux. Vraiment. J’ai lu cet article à mon homme. Il était dégouté.

        • c’est terrible ce que tu dis… te priver d’enfant à cause de la crainte de ce qui pourrait arriver à ta fille (être violée, et non se faire violer !).

          c’est dire à quel point tout cela est intériorisé et influe sur la vie des femmes !

  3. Bonjour,

    Je sais pas pour vous, mais j’ai pas le souvenir de la rupture entre « on me laisse tranquille dans la rue » et « on me prend pour un morceau de viande ». Je me rappelle d’une fois d’un « gros monsieur » (je tiens à écrire ceci puisque j’étais enfant et je pense que c’était les mots que j’avais en tête en le voyant) assis sur une chaise avec son costard cravate qui m’avait fait une réflexion parce que j’allais m’acheter une glace (vous voyez le genre…). Et bien, quand j’y repense, je me rappelle surtout qu’en le voyant, et avant qu’il me dise quoique ce soit, je savais qu’il allait me faire une remarque de nature sexuelle.
    Je ne sais plus quel âge j’avais, 10, 11 ans… J’étais avec mes parents dans une cafétéria. Et je me dis mais comment, à cet âge, est-ce possible d’envisager, de pressentir une telle réaction de la part d’un inconnu ? C’est assez flippant. Je ne sais pas à partir de quel âge le harcèlement sexuel de rue a débuté, mais c’est toujours trop jeune😦

    et en réponse à un des propos de marylin : « et quand par malheur on ose repousser les avances … gare à nous »
    Je dirais même que si on ne les repousse pas, gare à nous également.

    • Hé oui, même enfants nous sommes déjà conditionnées au fait d’avoir à subir des agressions sexistes (et également pédophiles donc).

    • Comparé à pas mal de témoignages (dont celui-ci), j’ai été relativement épargnée par le harcèlement de rue. Mais je me souviens précisément de la première fois où je me suis sentie devenir un corps, et non plus une petite fille qui n’intéresse personne : je devais avoir 15-16 ans, premier jour de beau temps, je suis sortie en robe. Et à peine franchie la porte de chez moi, une voiture pleine de mecs est passée et m’a klaxonnée. Ca m’a fait réalisé la différence des regards dans la rue selon que j’étais en pantalon ou en robe.

      • la tenue (ou l’attitude) de la femme est souvent un argument des agresseurs.
        je trouve terrible la phrase « je me suis sentie devenir un corps », on est typiquement dans l’objectification des femmes.

    • Ma meilleure amie d’enfance a subi des attouchements quand elle avait 10 ans. Plusieurs mecs, en pleine rue, comme elle était garçon manqué il fallait vérifier ce qu’elle avait dans le pantalon.
      Ma cousine la plus proche a subi un viol collectif quand elle avait 12 ans. Dans un village de mille habitants pendant une fête foraine.
      Ma mère a subi des violences sexuelles jusqu’à l’âge de 13 ans (elle n’a pas de souvenir du début) par son oncle dans sa propre maison.
      La mère de mon ami a été violée enfant par le nouveau mari de sa mère… etc. Ce ne sont que des exemples là encore.
      Je suis passée entre les mailles du filet. Mais difficile de ne pas être conditionnée et de ne pas se considérer comme une victime potentielle. D’ailleurs, ma mère m’a toujours mise en garde.

      Donc non, je n’ai pas été surprise quand à 14 ans, un vieux porc m’a demandé combien je prenais. Je n’ai pas non-plus été surprise quand entre 12 et 13, découvrant internet et la possibilité de tchater en direct avec des inconnus (des gens de mon âge croyais-je), je suis tombée sur des pervers qui avaient au moins deux fois mon âge et qui me harcelaient par mail de leurs fantasmes pédophiles.

      Mais concernant le harcèlement de rue, je pense que la meilleure solution reste encore de répondre, même d’insulter si ça fait du bien, de montrer en tout cas que nous ne sommes pas d’accord, que les femmes ont désormais le droit de circuler seules quelque soit l’heure de la journée ou de la nuit sans se faire emmerder. Répondre quitte à se faire insulter en retour. Etre ferme. Pour pratiquer cette méthode depuis quelques temps maintenant, je me rends compte que la réaction est souvent la surprise et le désemparement. « Sale pute » revient souvent, mais au moins ils lâchent l’affaire…

      • je suis tout à faire d’accord sur ce conditionnement (des hommes comme des femmes) au fait que les femmes soient des proies ou victimes potentielles.

        tu as raison, il faut être ferme. mais sans forcément être insultante, pour ma part ce qui fonctionne le mieux c’est de faire référence à l’éducation ou à la famille « tu aimerais que l’on parle comme ça à ta mère ? » ou de plus simplement faire part de son mécontentement « je ne suis pas un chien / tu te prends pour qui ».

        sale pute… c’est intéressant. tu dis oui t’es une pute. tu dis non… t’es une pute. de plus c’est une insulte sexiste.

  4. « Mouais. Il va falloir vous mettre dans le crâne que non les femmes ne sont pas des petites amies/maîtresses potentielles et que le seul fait d’être présente dans l’espace public ne signifie pas que l’on a envie ou que l’on accepte d’être abordée. »
    C’est exactement ça… comment faire comprendre que l’on ne veut pas être « draguée » à tout bouts de champ?
    En plus comme je suis relativement sociable et prévenante envers mon prochain, je tombe toujours sur des barrés dont j’ai un mal fou à me dépêtrer… Je pourrais raconter beaucoup d' »anedoctes » comme toi… mais ce dont je suis fière maintenant, c’est que les allusions carrément sexistes, je les envoies chier direct maintenant, je suis beaucoup plus forte…
    dernière en tête : soirée du 14 juillet, je rentre à pied dans les rues de montreuil avec mon mec qui s’éloigne pour pisser, j’étais vénère parce qu’on venait d’éviter une baston entre mon mec et un petit jeune bourré qui pensait que sa virilité était mise à mal… bref, une voiture avec un mec qui me siffle à quelques mètres, je me suis tournée vers lui en lui disant « mais tu m’a pris pour ton chien là? » il est parti, ça m’a fait du bien…
    bref, ce sont des choses très compliquées entre les pauvres gars qui ne connaissent aucune meuf et qui essaient de rencontrer celles qu’ils penseront ouvertes, les connards qui se disent qu’ils n’ont rien à perdre et « on sait jamais! » [j’ai déjà eu un « on va baiser? » dans la rue une fois, namého], les vicelards, les mateurs, nos réactions parfois exagérées parce que nous sommes agacées… enfin bref, souligner ces faits est toujours bien pour les dévoiler encore plus.

    • leur faire comprendre ? il y a beaucoup de travail, ce sont des choses tellement ancrées dans les inconscients qu’il va falloir du temps avant de déconstruire tout ça.

      tu as parfaitement réagit, c’est important de leur dire les choses et de ne pas baisser la tête en gardant ça pour soi.

  5. Pingback: Harcèlement de rue | Pearltrees

  6. Merci, Chacha, pour cet article sans fard et qui montre bien la réalité telle qu’elle est. Associé à des sites comme Hollaback et EverydaySexism, on voit bien l’ampleur du phénomène : à la fois le nombre de filles et femmes touchées (toutes classes sociales, toutes origines, tous âges, tous physiques, tous styles vestimentaires confondus) et à la fois le nombre hallucinant de fois que ça peut arriver à une seule et même personne dans toute sa vie. Ça fait prendre conscience de l’overdose, du trop plein, ça donne envie de vomir.

    Je trouve le commentaire de Linavi intéressant, et j’étais d’accord avec elle avant : j’avais peur d’avoir plus tard une fille, qu’elle soit humiliée, agressée, battue, violée. Mais je me suis rendu compte de l’injustice que cela représentait de rejeter un sexe parce que le monde va en faire sa proie privilégiée. Je me trompais de « cible », en quelque sorte.

    Ce dont j’ai peur, maintenant, c’est d’avoir un garçon. J’ai peur que, malgré tous mes efforts pour lui donner une éducation saine empreinte de respect et de compassion, la culture dominante l’engloutisse et qu’il accepte avec une délectation paresseuse les privilèges de la domination structurelle des hommes sur les femmes. Vu les films à la télé et au cinéma, les livres de notre littérature, les publicités, les propos tenus à la radio, les profs qui réservent aux garçons des traitements de faveur, les copains qui s’encouragent les uns les autres à être toujours plus odieux, et, pour couronner l’existence décomplexée de la pornographie et de la prostitution, ce risque est bien réel.
    J’ai peur d’avoir un fils et que, malgré toute mon attention, il devienne un de ces hommes arrogants qui profitent de l’impunité de notre société envers les hommes pour se tailler la part du lion, au détriment des femmes. Peur qu’il devienne un de ces prédateurs qui se donnent tous les droits, qui se sentent la légitimité de considérer les corps féminins comme des denrées accessibles par paiement, manipulation, force ou usure.
    J’ai peur d’avoir un garçon et de me rendre compte un jour que je n’ai qu’un mépris sans borne pour cet individu égoïste et nuisible que j’ai mis au monde.

    Alors, entre la mère d’une fille harcelée, battue ou violée et la mère d’un garçon harceleur, violent ou violeur, je préfère être la première. Au moins, je ne regarderais pas ma progéniture avec dans le coeur un profond sentiment de dégoût et de honte.

    • je trouve ton commentaire terrible, tout comme celui de Linavi.

      avoir peur pour la sécurité de ses enfants (garçons ou filles) est compréhensible mais la crainte d’élever involontairement un agresseur en puissance c’est très violent !

  7. Vous avez croisé 13 gros relous dans votre vie ?
    Je suis un garçon mais je pense être au moins au même nombre de la part de filles entreprenantes.

    Moralité : aucune. Je ne vois pas ce qu’on peut tirer d’expériences personnelles de ce type, qui ont duré pour certaines 3 secondes, sans aucune volonté réelle de quelque sorte que ce soit derrière.

    • c’est intéressant de voir à quel endroit vous placez le curseur entre harceler/agresser et être « entreprenant ».

      vous trouvez que c’est simplement « entreprenant » que de s’adresser à quelqu’un comme une proie ?

      ça n’a rien à voir avec de la séduction, c’est du harcèlement pour dominer l’autre.
      et ce ne sont pas des « gros relous » mais des harceleurs et agresseurs potentiels.

      par ailleurs, je vois que vous savez compter mais vous n’avez retenu que ce que vous avez bien voulu retenir.
      sans compter le fait de minimiser les faits plutôt que de les condamner.

  8. pffffffffffffffffff mais c’est quoi ça? Maintenant faire une blague lourde du style « ah ouai c’est interessant ça aussi » ou encore « si vous voulez je vous achète tout » ca se rapproche de l’agression sexuelle?
    Certes insulter ou avoir des gestes de violences est intolérables mais y’a des choses qu’il faut tolérer quand même…
    Quand une meuf passe devant un mec qu’elle le dévisage de haut en bas avec insistance en sortant un « ey beau gosse vas y file moi ton 06 » ou encore « j’lui boufferai bien la bite à celui là » c’est pas de l’agression ça? Là c’est correct?
    Faut distinguer la violence de ce qui ne l’est pas quand même parce que sinon on s’offusque de tout et c’est là qu’on ne situe plus de réelles limites et qu’il y a des débordements …

    • ce n’est pas « lourd ». c’est du harcèlement sexuel et une agression oui. je ne vois pas pourquoi on devrait tolérer les hommes qui se permettent de nous harceler.

      je ne connais pas de phénomène massif, socialement construit et répétitif de femmes qui harcèlent des hommes ainsi. mais je suis prête à découvrir ça.

      quant à l’argument qu’il y aurait des agressions (et non « débordements ») parce qu’on s’offusque soit disant pour rien, comment dire… c’est l’une des choses les plus stupides que j’ai pu lire sur le sujet.

      • mais il n’y a pas de phénomène massif, socialement construit et répétitif d’Hommes qui harcèlent les femmes, pas plus que l’inverse. Tu ne t’en rends pas compte parce que tu es une femme, mais des femmes qui harcèlent les hommes ça existe, je te l’assure. Je dis qu’il faut différencier un crachat de propos, un geste déplacé d’une agression, Sinon si on ne les distingue pas, on se retrouve à mettre sur le même niveau de sanction ces deux faits, or un mec qui te crache à la gueule ou qui essaye de t’arracher la jupe est beaucoup plus condamnable que celui qui tente sa chance (sûrement je te l’accorde très souvent maladroitement) , te dit que tu as de belles formes, chose qui n’est ni une insulte ni une tentative de viol. Il n’y a aucun passage à l’acte, et je pense qu’il vaudrait mieux que tous les hommes soient des lourds dingues plutôt que des violeurs, mais si tu mets les deux dans le même panier alors pourquoi les lourds dingues ne deviendraient-ils pas violeurs puisque tu les mets sur le même plan d’égalité?
        Peace…Love!😛

        • tu ne t’en rends peut être pas compte parce que tu es un homme mais oui c’est un phénomène massif dont la déconstruction est soumise à une remise en cause profonde de nos sociétés.

          faire des commentaires sexuels à une femme c’est une agression.

          tu as raison, c’est parce que les femmes ne font pas de différence entre les agressions que des hommes les violent (…) !

          • non si des hommes violent c’est parce qu’ils sont incapables d’eux même de faire cette distinction, qu’ils sont aussi méchants qu’ égoistes, frustrés que grossiers et surtout lâches et méprisables… Jamais je ne ferai une telle chose ..
            Par contre dire à une fille qu’elle et bien faite que c’est une putin de création divine et que contemplerai bien ça toute ma vie ouai ça a dut déjà m’arriver!
            Il n’y a pas que ce type d’hommes il y a aussi le autre ceux qui ne feraient jamais de mal à une femme, et il y a ces filles aussi qui dansent contre toi en frottant leur cul à ta bite en tirant leur string en t’invitant à y toucher ou celles qui se collent derrière toi et qui te presse les fesses comme le dernier citron dont elles ont bues le jus peu de temps avant…Tout cela dans des espace PUBLICS évidement…
            ils y a des scènes dans ton témoignages qui relèvent d’actes qu’on devrait sanctionner et ui ne le sont pas suffisamment.
            On ne s’adresse pas à un enfant en lui parlant de sexualité ça me parait être la base.
            On ne comment aucun ace de violences pas d’insultes, pas de crachas etc…
            Après tout ça, une blague reste une blague…Faut détendre le string!😛

            • on n’invective pas les gens avec des remarques d’ordre sexuel, c’est la base.

              ces attitudes masculines contribuent au climat d’insécurité et à l’oppression des femmes, on a pas à subir ça. gardez vos commentaires pour vous.

              et mon string t’emmerde.

        • « te dit que tu as de belles formes, chose qui n’est ni une insulte ni une tentative de viol »
          nan mais crois-tu qu’on a envie d’entendre ça ? crois-tu que ça nous intéresse? crois-tu qu’on ne peut être que flattée parce qu’on nous trouves baisable?

          « je pense qu’il vaudrait mieux que tous les hommes soient des lourds dingues plutôt que des violeurs, mais si tu mets les deux dans le même panier alors pourquoi les lourds dingues ne deviendraient-ils pas violeurs puisque tu les mets sur le même plan d’égalité? »
          Quelqu’un qui voit les femmes comme des individus qui sont à sa disposition constante, que ce soit en termes de temps, d’énergie et de présence physique, a bien peu de considération pour ces personnes. Et en effet, c’est ce type de mentalités qui conduit un violeur à violer.

          Bisous.

            • Prendre la liberté de NOUS aborder rien que pour nous manifester VOTRE désir de NOUS baiser nous réduit à une fonction de toilettes publiques et ne nous permet pas de nous sentir libres et en sécurité dans un espace public où nous n’avons aucun besoin ni désir d’être mises au courant des fantasmes salaces des hommes que l’on croise.
              Branlez-vous un coup en rentrant CHEZ VOUS si vous en avez envie, ça VOUS regarde, mais ne venez pas empiéter sur NOTRE espace et NOUS imposer VOS désirs.
              C’est tellement compliqué à comprendre, la dissociation entre VOS désirs et le bien-être d’ÊTRES HUMAINS INDÉPENDANTS qui NE VOUS DOIVENT RIEN ?

                • je vous explique que les hommes subissent aussi ça dans le sens inverse mais apparemment ça n’a pas l’air de vous outrez plus que ça! Ca c’est du sexisme.
                  Une femme se comporte comme tel c’est pas blâmable mais quand c’est un homme là ça change tout…
                  C’est vous qui êtes sexistes dans ce cas là. Condamnez les vendeurs de strings taille 8 ans, les concours de petites miss pr enfant de 10 ans et la société évoluera dans un meilleur sens… Mais tant que vous vous baladerez dan la rue avec des pubs de femmes à moitié à poil pour vendre un parfum les hommes ne comprendront pas l’image que vous véhiculez. Je ne justifie pas leur comportement (au contraire je condamne toute forme de violence) mais je montre qu’il y a des explications.
                  Tu te sens encore agressée par mes propos pourtant je ne représente aucune menaces derrière mon pc et rien que le fait de prendre le temps de te lire et de commenter prouve que j’ai un minimum de considération pour tes propos. Alors stop la confrontation là si on unis pas les forces on obtiendra rien. Un homme n’est pas votre ennemis d’ amblé .
                  Maintenant j’ai pas l’impression que mes propos aient quelconques effet voulu j’en suis navré .
                  Je pense que dans ces conditions vous êtes plus sexiste que moi.

                  • Puis quand tu dis BAISER ca prouve bien ta mentalité … Perso j’fais l’amour mais chacun fait ce qu’il veut dans la vie!

                    • Bon, je ne vais pas te faire un cours sur la polyphonie du langage et les mots à double-voix tels qu’ils ont été théorisés par Bakhtine, car je ne pense pas que ton niveau intellectuel te permette de me comprendre.

                      Mais quelque chose que tu comprendras peut-être même avec des capacités intellectuelles et empathiques limitées :
                      Quand tu considères que les femmes dans la rue sont OBLIGÉES de considérer comme des COMPLIMENTS tes approches et manifestations verbales de TON désir de leur « faire l’amour », ça ne relève même pas de la « baise », ta mentalité relève du VIOL.
                      Tu peux bien utiliser tous les « faire l’amour » et « compter fleurette » que tu veux, ça ne change en rien la structure d’esprit égocentrique et mortifère.

                  • tu n’expliques rien du tout, tu assènes et t’offusques parce que nous n’avons pas la bonne idée d’être d’accord avec toi.

                    qui a dit qu’une telle femme n’est pas blâmable ? personne. ce que je dis c’est que la liberté des hommes n’est pas entravée par le harcèlement sexuel.
                    tu es tellement harcelé par des femmes que tu limites ta circulation dans l’espace public ?
                    quand tu marches seul dans la rue et que tu croises une femme tu baisses les yeux et changes de trottoir ?
                    quand tu refuses leurs avances elles t’insultent ? t’agressent physiquement ?
                    quand tu passes devant des groupes de femmes elles t’invectives ou bloquent ta circulation ?
                    tu évites de sortir seul la nuit par crainte d’être violé ?
                    si tu te fais agresser on te demande comment tu étais habillé ?

                    et qui te dit qu’on ne condamne pas les marchands d’hypersexualisation féminine et des petites filles ? tu débarques et tu crois que je vais te laisser me dire quel combat est légitime et lequel ne l’est pas ? tu veux m’apprendre comment être féministe peut-être ?

                    c’est trop d’honneur de considérer mes propos, vraiment je suis touchée. enfin je le serais si cela n’émanait pas d’un homme qui indique qu’on devrait se contenter de subir le harcèlement quotidien, que ce ne sont que des blagues, que ce n’est pas si grave et qu’à force de brimer ces pauvres hommes on en fera des violeurs.

                    je n’ai pas besoin « d’ami » comme toi, ça va aller merci. il y a déjà suffisamment à faire avec les boulets pour s’en ajouter un.

                    du vent !

                    • Vous vous rendez compte que c’est vous qui êtes agressives et méprisantes là?
                      Alors on va s’ arrêter là mais ne sous estimez pas mes capacités mentales : on fait un test du QI ou de culture G quand vous voulez les filles❤

                    • au test « suis-je une personne qui banalise l’oppression sexuelle » tu serais un vrai champion.
                      tu débarques sur mon blog pour me dire quoi penser et comment vivre (enfin tolérer) le harcèlement de rue et c’est moi qui suis agressive et méprisante ? c’est la meilleure celle là…

  9. 12 ans : je passe devant un ouvrier, torse nu et transpirant de chaleur, qui me regarde et dit d’un ton pas très propre : « oulala, quelle belle fille qui passe, regardez moi ça ! » en se caressant gentiment les tétons (je vous aurais bien épargné les détails, mais il faut dire que je suis sadique)

    14 ans, 20h, hiver : Des mecs assis sur des voitures me siffle et me disent « c’est pas prudent de rentrer la nuit mademoiselle… », je ne réponds pas et continue mon chemin et il me crie « t’es bonne » !

    14 ans : Fete de la musique dans le quartier de la Défense, pleins de monde autour de nous. Deux mecs derrière nous nous aborde, ma soeur et moi. « Vous êtes très jolies », « on danse ensemble ? » « Non » de notre part. « C’est pas grave, on danse quand même. » Et là, ils viennent se coller à nous et se frotte. Normal. On s’énerve, bousculade, on leur dit d’aller se faire voir et là ils nous disent « vous êtes méchantes mesdames ». Et ils s’en vont.

    16 ans : je rentre de chez le coiffeur, un mec qui devait avoir le double ou plus de mon âge, vient me voir et me propose de coucher avec lui, en insistant sur le fait qu’il est « un bon coup ». Sous le choc et un peu effrayée, je savais pas comment réagir. J’ose pas hausser le ton, surtout que quand je lui dis plusieurs fois que je ne suis pas intéressée, il devient agressif et me demande « pourquoi tu veux pas ?! » enfin, je finis par dire que j’ai un train à prendre pour filer à toute vitesse et me promettre de ne plus jamais retourner dans cette rue (et encore aujourd’hui, je n’y suis jamais retournée, ça m’a traumatisée).

    19 ans : Un groupe d’hommes me repère vers la gare, pressentant qu’il allait m’aborder, je prend le trottoir en parallèle. A mi-chemin, ils changent de trottoir à leur tour pour me rejoindre, l’un d’eux s’approche de moi en faisant mine de trottiner en disant : « bonjour, ça va », « oui, ça va » (ton très sec), un autre s’approche (je l’avais pas senti venir) « on peut faire connaissance ? » « non merci ». Ceux qui étaient restés derrière se mettent à huer, l’un des mecs me dit « pourquoi tu veux pas faire connaissance ? » « parce que je n’ai pas envie… » nouvelle huée. Les autres se rapprochent de plus en plus, je me sente vite menacée. « Et si nous on a envie de faire connaissance avec toi ma belle, on fait comment ? » « bah on fait rien parce que moi j’en ai pas envie ». 3ème huée.
    Voulant les semer, je traverse la route pour m’éloigner d’eux. Heureusement, ils ne me suivront pas, mais me crieront quand même des « CONASSE ! SALOPE ! SALE PUTE ! T’ES MOCHE ! »

    Et tellement d’autres histoire. A un moment donné, je me suis dit, à tort, que ça venait de la façon dont je m’habillais. Mes vêtements sont peut-être un peu trop moulant, ou peut-être que c’est mon maquillage, je devrais arrêter de me maquiller pour pas que l’on croit que je veuille plaire aux mecs dans la rue… J’ai arrêté ça pendant un temps, mais j’ai été navré de voir que ça n’avait rien changé, toujours autant de regard lourd, de remarques salaces qui vont parfois à l’insulte… Mais je me suis aussi rendu compte que le fait d’avoir une robe/jupe/pantalon ou haut moulant/décolleté leur servait de prétexte, à eux et d’explication de leur comportement pour les autres.
    Du coup, quand les gens voient que même en jogging gris-trop-moche assortis d’un t-shirt jaune canari, y’a des mecs pour te faire chier, bah ils se rendent compte que finalement, c’est pas la manière dont je suis habillée, ou la manière dont je suis maquillée, le problème.

    En tout cas merci pour l’article et désolée pour le pavé ^^’

    • quand on refuse les « avances », on est soit méchante soit une salope.

      dans le premier cas ils tentent de jouer sur la corde sensible (une caractéristique dite féminine) pour nous apitoyer et profiter d’un instant de faiblesse.
      dans le second, nous sommes insultées ce qui nous rabaissent encore après la première agression déjà vécue.

      tous les prétextes leur sont bons pour justifier leur attitude « elle portait une mini jupe / elle m’a regardé / j’ai passé une mauvaise journée… »

      et oui les femmes sont agressées qu’elles soient habillées sexy ou pas, qu’elles soient blanches, noires ou jaunes. qu’elles soient belles ou moches.

  10. J’en pense que la conscience collective est malheureusement pour l’avantage des hommes et pour le dénigrement des femmes.
    Quand on se fait aborder, si on accepte les avances, on passe pour une « fille facile », si on les refuse, on se fait insulter ou frapper. Il n’y a pas d’expression « homme facile », les hommes se félicitent entre eux d’avoir séduit une femme.
    Une femme qui se fait agresser ou violer n’est pas considérée comme une victime, mais comme coupable d’avoir été une cible potentielle, d’où la question: « vous étiez habillée comment? ».
    Il est temps que les mentalités changent. Que les hommes respectent les personnes qui refusent leurs avances. Soyez pas si blessés! Si elle refuse poliment vos avances, passez votre chemin, c’est pas une femme pour vous, et vous n’êtes pas un homme pour elle. Inutile de défendre votre égo en l’insultant (verbalement ou physiquement).
    Et quand on est une femme, ça fait jamais plaisir de se faire interpeller dans la rue. C’est même lourdingue.Un peu de classe, voyons!! La rue n’est pas un lieu pour draguer. Donc en draguant comme ça, vous partez avec un malus considérable. A bon entendeur.

    • oui c’est profondément ancré dans les inconscients masculins et parfois féminins !
      combien de victimes se remettent en question en se disant « je n’aurais pas du porter ça, ni me balader seule dans cette rue ».*

      pareil du coté de l’entourage, on cherche des raisons pour laquelle l’agression a eu lieu alors que la seule raison est que nous sommes des femmes et eux des hommes.

      juste un point sur la tournure des choses, une femme ne se fait ni agresser ni violer. elle est agressée ou violée. ça commence aussi par ça🙂

  11. Beau article, merci🙂.
    J’ai à peine 16 ans et a eu l’occasion plusieurs fois de vivre des agressions du genre.
    Récemment je suis allée avec une amie à la plage (j’étais en combinaison mais rien de très provocant au quoi d’autre), sur le trajet dans le bus qui était pas mal remplie un homme de la 40ainne avec une alliance (et oui j’ai regardée) colle sont bassins sur mes fesses et commence à se frotter. Moi complètement choquée le pousse et le regarde de travers et me met à côté de me copine (car oui il s’est mis entre nous 2), face à lui. Le pire c’est que les gens présent dans le bus et aillant remarquée l’action non rien dit.
    Bref la c’était une expérience qui n’était pas juste de la parole comme j’ai déjà eu un nombre de fois incalculable.
    Et oui déjà à mon age, j’en ai mare, même lorsque je leurs dise mon age, ils arrivent à me dire des trucs du genre « AH mais c’est pas grave ça me dérange pas! » QUOIIIII?
    Ça devient n’importe quoi :S et j’ai peur que ça ne s’arrangera pas avec le temps.

    • même quand on est consciente du problème on en est à sa justifier sur sa bonne tenue « j’étais en combinaison mais rien de très provocant au quoi d’autre ». c’est dire à quel point c’est ancré ^^

  12. AH oui j’avais oublié mais j’ai eu aussi une autre agressions bien pire du genre:
    Marseille,
    Moi voulant aller à la gare pour me rendre chez mon papi croise un bar remplie d’hommes (désolée de préciser mais tous au la plupart d’origine du nord de l’Afrique) , Un homme bien plus vieux que la 40aine, ici plutot la 60aine m’aborde. Moi ne voyant pas le mal m’arrête et le fait répété(car je n’avais entendu ce qu’il me demander), après m’être rendue compte qu’il demander mon numéro je lui dit non mais là il insista et je le rétorqua « non vous pourrez être mon grand père ! ». Lui surement vécés me gifla. Moi après un moment d’incompréhension (si je puis appeler ça comme ça) la poussa, lui qui faillit tomber se rattrapa et là, c’est là que d’autre homme du bar se leva, Mais il n’avait pas l’air de se levait pour m’aider moi! Mais pour aider le vieux! C’est à ce moment que je m’enfuit en courant chez moi en larmes. J’avait 15 ans.
    Comme je le disait avant déjà moi à 16 ans j’en ai mare, mare de l’irrespect, mare qu’ils croient que nous les femmes on est inférieur…

    • l’un de mes « slogans » c’est « ils se serrent les couilles, serrons-nous les coudes ! ».

      ils sont ensemble pour nous agresser et se trouver des excuses. soyons ensemble pour leur dire que non ces choses ne se font pas.

  13. De nombreuses fois cet été j’ai abordé des filles dans la rue, sur la plage ou autre lieu public.
    J’aborde ces filles parce que je les trouve belle et/ou désirable.
    95% du temps je (ou nous quand on est à 2 ou 3 potes) suis très bien accueillis : sourires, petite discussions légère, souvent échange de numéros … même si il n’y a pas toujours de suite.
    Toutes les filles (quelques unes hein pas des dizaines) que j’ai embrassé ou avec qui j’ai « baisé » cet été, je les ai rencontrées de cette manière. Et elles étaient toutes aussi enchantées que moi par cette rencontre et par ce qui s’est passé par la suite.
    Je suis resté en contact avec certaines. J’ai 25 ans.

    Après la lecture de cet article et des commentaires qui le suivent, je me pose quelques questions. Vous pensez vraiment que c’est mal ?
    J’aurais dû me priver de sexe et de compagnie féminine tout l’été parce que avoir envie de parler à une file dans la rue c’est selon vous comparable à du viol ?

    Autre question : où faites vous vos rencontres amoureuses ? Dans quel milieux et dans quels lieux autorisez vous les « mâles » à vous adresser la parole ?
    Pour ma part je suis amené à déménager souvent et j’évolue dans des milieux malheureusement très masculin dans mon travail et dans mes loisirs. Mes cercles d’amis sont donc également constitués par une large majorité d’hommes.
    Je n’ai ni le temps ni l’envie de passer toutes mes soirées dans des bars ou des boites : trop cher (à la longue), trop bruyant, l’alcool y joue un rôle prédominant, ce qui d’ailleurs encourage fortement les comportements et les dérapements que vous dénoncez. De temps en temps ça va bien, mais on n’y fait pas nos plus belles rencontres … les filles bourrés ça va 2 minutes.
    De même je n’ai ni le temps ni l’envie de passer des heures scotché à un écran sur des sites de rencontre.
    Donc oui je n’ai pas beaucoup d’autre choix que d’aborder des femmes aux endroits où je suis amené à passer. Sinon je reste seul et célibataire.

    Dans ce contexte j’ai été particulièrement choqué par « Mouais. Il va falloir vous mettre dans le crâne que non les femmes ne sont pas des petites amies/maîtresses potentielles et que le seul fait d’être présente dans l’espace public ne signifie pas que l’on a envie ou que l’on accepte d’être abordée.  » puisque jusqu’à maintenant je fonctionnais avec l’idée inverse en tête, à savoir : « Toutes les filles que tu croise (et qui te plaisent) sont des petites amies/maîtresses potentielles. A toi d’assumer la démarche d’aller vers elles (puisqu’elles n’osent jamais le faire) et de déclencher une rencontre sympa ».

    Voilà j’aimerais savoir ce que vous pensez du point de vue que j’ai pour le moment …

    Respectueusement,

    • la première chose que m’a inspiré ton commentaire c’est… « beaucoup de je »🙂
      ça fait précisément partie des types de comportements qui sont décriés ici à savoir ces hommes qui imposent leurs désirs à des femmes qui n’en ont absolument rien à faire.

      je n’ai pas l’impression que les femmes soient majoritairement alcoolisées dans les soirées ? ou alors on ne doit pas fréquenter le même type d’endroits.

      je trouve ça assez fou de considérer d’emblée les femmes comme des petites amies potentielles mais ok la drague est une chose qui est acceptable tant qu’elle reste polie, non lourde et que l’on est pas considérée comme une cible vivante (ce qui n’est hélas pas si courant).

      quand on dit non on a au mieux affaire à un type qui insiste. le rare cas où on finit relativement à nous lâcher c’est quand on dit qu’on est déjà en couple. à croire qu’il faille être validée par un autre homme (chasse gardée donc) pour qu’on nous foute la paix. et encore parfois on a droit à « ça ne me dérange pas ».

      sinon il ne s’agit pas de ne pas se parler entre hommes (et non mâles) et femmes. j’accepte que les hommes me parlent mais entre les prétextes pour la drague (je cherche la rue untel) ou le type de propos/comportements cités dans l’article ben je préfère encore qu’on ne me drague pas.
      quand j’ai face à moi un homme poli je lui dis juste « non merci ». et s’il est vraiment poli il dira « ok bonne journée ».

      d’ailleurs pourquoi un homme me draguerait ? qu’est ce qui dit que je ne suis pas en couple, lesbienne ou tout simplement pas en recherche de relation ?

  14. Pas du tout actuel: situations, en effet, que les femmes connaissent très sûrement depuis le début des siècles…
    Aux mecs : il est clair que si on regarde une fille, c’est pas seulement qu’elles sont belles, vu qu’il y a de très beaux mecs et qu’on peut leur jeter un oeil qui apprécient l’allure, l’élégance ou la personnalité, mais il ne nous viendrait pas à l’idée d’appuyer le regard sous peine d’être pris pour ce qu’on est pas, sexuellement parlant.
    Donc, si on dévisage, c’est sexuel déjà, clairement. D’ailleurs, les homos ne dévisagent pas les filles de cette manière mais si les mecs qui leur plaisent…

    Bon, mettez-vous dans la peau d’une nana qui se sent ainsi lorgnée disons 50 x par jour : combien de mois le supporteriez-vous sans broncher ou réagir ?
    Et si c’était des mecs qui vous examinaient ainsi 50 x par jour, comment vous sentiriez-vous ?
    Pensez-vous que vous supporteriez autant de vous sentir un objet sexuel, à longueur de journées, de semaines, de mois ou d’années ?

    Vous pensez : c’est flatteur pour elles ! OK, jusque quand ? Combien de centaines de fois avant d’avoir envie de mordre ?
    On peut voir sans regarder, non ? C’est de la discrétion et, rassurez-vous : sûr que la nana le perçoit assez pour se sentir flattée, n’insistons pas, diablemou !!

    Maintenant, si vous pensez, comme ceux qui les insultent carrément ou pensent qu’il faut toutes les draguer pour se sentir virils : vite, vite, chez le psy !! Problème de mère abusive, problème de crainte de passer pour un « pédé » devant les copains, hantise obsessionnelle de s’en tirer une …et la première qui passe est bonne? problème de père intrusif qui veut faire de vous un macho à coup sûr, pour parader devant ses relations ?

    Les femmes, autant que nous, mènent une existence de projets, peut-être plus que nous, d’ailleurs ! Et ce harcèlement, même courtois mais de façon aussi insistante vu le nombre…, détruit l’âme : soit, ça fout la haine; soit, ça endurcit le cœur; soit ça engendre le rejet des mecs, la méfiance, le recroquevillement sur soi ou la peur même de l’échange; soit encore, ça déstabilise gravement !

    Allons, Messieurs, vous réagissez dans un conditionnement qui n’est plus de notre temps, la civilisation évolue : le respect des femmes est désormais incontournable, un peu d’empathie, que diable, la rue n’est pas une boîte de nuit…
    Que penseriez-vous d’elles si elles se mettaient à reluquer tous les mecs passables qu’elles croisent, et si c’était votre fiancée, petite amie ou épouse : qu’elles sont des filles faciles ou « dites nymphomanes »…
    Et vous alors, n’êtes-vous pas dans ce cas, des obsédés, incapables de vous réserver pour votre compagne ?
    Non, le harcèlement urbain n’est plus à la mode : les femmes sont nos égales aujourd’hui officiellement et la sexualité masculine n’est plus affaire de primates ! La sexualité est le langage de l’amour et/ou de l’échange vrai, pas une domination généralisée du genre masculin sur le beau sexe.

    Mais elles sont si belles parfois et « ce qui est beau est fait pour être vu » ? Et alors, ce sont des êtres humains délicats et un éclair du regard est suffisant comme hommage !! Un peu de retenue et d’élégance, que diable ! Elles ne vous en estimeront que davantage!!
    Ou alors, vous êtes si peu sûrs de vous qu’il vous faut une approbation féminine de chaque instant, en plus de celle de votre compagne, de votre mère, d’une confidente ?
    Dans ce cas, j’insiste : le problème est dans votre tête et vos collègues de bureau ou vos belles voisines ne sont pas des psys !

    Consultez, consultez, frappez à la porte de conseillers conjugaux ou sexuels jusqu’à trouver celle ou celui qui vous convienne !!

    Ou forgez-vous la détermination définitive du respect des femmes : c’est comme d’arrêter de fumer ou de boire, les quinze premiers jours sont durs et ensuite, vous vous sentirez beaucoup mieux et, qui sait, vous vous respecterez enfin vous-mêmes pour vous être repris en main, et vous deviendrez vraiment des hommes mûrs et dignes de l’admiration des femmes qui vous plaisent tant.

    Pourquoi je vous parle comme ça et avec toutes ces nuances ? Vous le savez déjà : parce que j’ai été, enfant, longtemps violé et abusé comme une femme et que, jusque l’âge adulte, j’ai dû apprendre, comme elles, à repérer de loin les prédateurs ou les homos pas discrets, pour les voir venir sur leurs grands chevaux, et que j’en ai évidemment profondément souffert au tréfonds de l’âme et de l’identité et de ma place dans la société.
    Aujourd’hui, ayant constaté les conditions de vie faites aux femmes et déjà serein quant à mon rôle dans la société, je n’hésite pas à le dire : je me félicite d’avoir vécu ces épreuves pour être devenu capable de saisir, même encore partiellement, le mensonge planétaire sur ces conditions d’existence faites aux femmes (et aux enfants, trop souvent) et pour me réclamer haut et fort du féminisme égalitaire.

    Victor Khagan, 2013. (Rebelles homéostasiques)

    • Beaucoup d’émotions à la lecture de cet article : une joie franche en découvrant les différents arguments pointés qui m’ont (hélas) fait penser « si un homme leur dit ça, ils vont peut-être enfin comprendre ». puis une immense tristesse à la lecture de ce vécu si terrible. et enfin le sourire en me disant que ce vécu a été transcendé.

      merci Victor pour ce superbe témoignage, et bravo !

  15. Merci, ne sois pas triste : j’en ai fait quelque chose qui me paraît beau et fort, être entre d’autres, un artisan pour une révolution imparable, celle d’une société de respect. J’ai découvert ce blog aujourd’hui et il me semble génial !

  16. je pense que le féminisme a fait beaucoup de mal

    on a voulu stigmatiser les besoins masculins

    en les culpabilisant de leurs besoins

    de leurs envies

    on les a emasculé en quelque sorte, les traitant d’obsédés, de cochon etc

    et puis on a commencé à dire que l’homme devrait penser au plaisir de la femme avant tout

    que la femme doit être l’objet de son attention

    et on a oublié que l’homme aussi avait besoin qu’on prenne soin de lui

    on a oublié que la femme doit participer autant que l’homme dans une relation charnelle

    et on a passé sous silence le fait qu’elle aime autant ça que l’homme, même si biologiquement ca se passe différemment

    du coup je trouve ca très bête que les hommes soient encore montré du doigt quand ils regardent des pornos, ou quand ils demandent des choses particulières à leurs copines

    parce qu’en fait

    les filles sont aussi crues et libérées maintenant

    elles vont dans les sex shop, s’achètent des jouets et font des réunions sex toy

    au final on n’est pas si différent donc pourquoi accuser l’un et vénérer l’autre?

    si elle se débrouille bien la fille doit procurer plus de plaisir à l’homme qu’une simple éjaculation hein

    mais ça personne ne leur dit!

    • les hommes sont pourtant encore largement au pouvoir dans nos sociétés : vie politique, médias, entreprises etc.

      les féministes ne revendiquent pas de mettre le plaisir de la femme au premier rang… ce qui est exigé c’est l’égalité.

      j’aimerai bien savoir ce que l’appareil génital masculin peut bien venir faire dans ce débat…

  17. Cet article me parle mais me laisse également profondément perplexe, notamment sur les commentaires.

    Clarifions tout de suite les choses : je suis une femme, et victime d’attouchements sexuels dans mon enfance et de harcèlements. Cette clarification faite, certains commentaires ne pourront pas avoir lieu sur ce terrain.

    Il est vrai que les femmes sont victimes de harcèlement. J’en conviens tout à fait, et de dénigre absolument rien sur ce sujet.

    Mais là où cela m’attriste également, c’est que ce ne sont uniquement que les hommes qui sont diabolisés. Je suis entièrement d’accord, ils harcèlent les femmes. De manière plus ou moins dangereuse. Là dessus, je n’y reviendrais pas, je suis absolument d’accord avec l’article. Cependant, les hommes ne sont pas uniquement les seuls fautifs de leur comportement, bien qu’il ait une part très importante de responsabilité. (J’insiste sur le très).

    Je m’explique, avant de voir toute invective nullement justifiée.

    L’éducation des jeunes filles y est également pour quelque chose. Des filles de 10 ans, voire moins, qui se maquillent, mettent des talons, vous croyez cela normal ? Des filles qui participent aux « skins party » (pardonnez moi l’orthographe s’il y a erreur) dès 13 ans, des filles qui se prostituent à 15 ans pour s’acheter des fringues de luxe, sans voir le mal, sincèrement, il n’y a strictement rien qui vous choque ?

    Mais il n’y a pas que cela qui entre en jeu, mais surtout le comportement desdites jeunes filles.
    La sexualisation des jeunes demoiselles, le fait qu’elles soient consentantes, le fait également que les filles d’âge plus avancé soient exactement dans le même état d’esprit que les mecs qui nous harcèlent, qui les incitent, voire même qui les violent (le viol sur les hommes existe. Certes plus rare, mais il existe quand même). Là dessus, il n’y a rien du tout. Les personnes qui osent en parler s’en prennent plein les dents. Simplement, tout n’est pas uniquement et simplement manichéen. Et il est dommage, sans entrer dans plus de détails, que l’article se borne uniquement à homme = harceleur parce qu’il nous parle dans la rue (je caricature, je l’admet, mais c’est volontaire pour le coup). La réalité est bien plus complexe, les affaires sont à chaque fois bien plus complexes. Et c’est dommage que tous les hommes soient réduits à ce simple état.

    Je vais également vous donner un exemple. Mon ex, je l’ai rencontré en l’abordant dans un espace public. Suis-je une harceleuse pour autant, lui ayant demandé son numéro dans un espace public où, comble du comble, il ne pouvait pas partir ? Non, parce que notamment je suis une femme, et que cela ne peut pas venir à l’esprit car, dans une société toujours patriarcale (ne jouons pas sur ce mot, par pitié, ce n’est ni le débat, ni ma conviction profonde), seuls les hommes sont coupables d’une telle vilenie ?

    Je ne suis ni pour, ni contre cet article. Je comprend l’agacement profond des femmes qui se font harceler, en étant moi-même victime. C’est lourd, c’est chiant, c’est parfois très dangereux. Et il va falloir que cela change.
    Et j’espère simplement que les personnes qui liront ce commentaire ne seront pas indignées que je ne prenne pas d’office la protection des femmes, car tout n’est pas blanc ou noir.

    Les nuances de gris, c’est pas si mal😉

    • les filles ne s’hypersexualisent pas toutes seules. c’est tout un travail fait par la société pour rabaisser les femmes à ses attraits sexuels.
      les filles font ça parce qu’elles pensent que c’est ce que les hommes attendent d’elles et qu’elles seront mieux valorisées par la société.

      le fait de parler à quelqu’un ne fait pas le harceleur…

  18. C’est une mentalité très française ça. En tout cas depuis que je suis en Allemangne je n’ai pas ce problème. Je peux m’habiller, me maquiller, porter ce que je veux, rentrer tard, seule, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, je n’ai jamais eu de problèmes. Ton article me rappelle beaucoup de situations vécues… C’est écoeurant.

Et toi t'en penses quoi ?

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